Premières nations

Pelly Crossing est le foyer de la Première nation Selkirk, qui appartient au groupe culturel et linguistique tutchone du Nord et qui est membre du Conseil tutchone du Nord. Le tutchone du Nord fait partie de la famille linguistique athapascane. Les calculs effectués en 2004 par le ministère des Affaires indiennes et du Nord à des fins internes estiment à 495 le nombre de membres que compte la Première nation Sellkirk. Un grand nombre de ces membres vivent à l'extérieur de ces deux collectivités. Les calculs démographiques effectués par les Premières nations peuvent différer de ceux du gouvernement du Canada et tenir compte des bénéficiaires inscrits, des non-bénéficiaires et d'autres personnes. Le Conseil se charge de la gestion des affaires communautaires. Pelly Crossing est devenue le foyer permanent de la Première nation Selkirk après la construction de la route du Klondike, dans les années 1950. Auparavant, les Tutchone du Nord se regroupaient à Fort Selkirk et à Minto pendant une partie de l'année pour la chasse, le piégeage, la pêche et les rassemblements dans leurs régions traditionnelles tout au long de l'année. Avec l'achèvement de la route, les gens de Fort Selkirk ont déménagé à Minto et ensuite à Pelly Crossing. Lorsque Minto a été abandonnée, certaines personnes ont déménagé à Pelly Crossing, d'autres à Mayo et d'autres encore à Whitehorse. Les membres de la Première nation Selkirk sont affiliés de près avec les groupes Tutchone du Nord de la Première nation Nacho Nyak Dun et de Little Salmon/Carmacks. Par ailleurs, certains d'entre eux font remonter leurs origines aux Tutchone du Sud des régions avoisinantes. Les membres de la Première nation Selkirk pratiquent leur système traditionnel de mariage mixte obligatoire entre les membres du clan du Loup et ceux du clan du Corbeau, dont le système des potlatchs fait partie intégrante.

Fort Selkirk est le site d'un poste de traite des fourrures établi par l'explorateur Robert Campbell de la Baie d'Hudson, dans les années 1840. Le fort fut par la suite incendié par les Tlingit de la côte et reconstruit sur le site actuel en 1850. Aujourd'hui, Fort Selkirk est un important site historique cogéré par la Première nation Selkirk et le gouvernement du Yukon. De nombreux membres de la Première nation Selkirk travaillent toute l'année à des travaux de restauration, d'entretien des lieux et des bâtiments du site, ainsi qu'à l'interprétation de l'histoire du site et des gens de la Première nation Selkirk.

Récemment, la Première nation Selkirk s'est employée à guérir les traumatismes de la collectivité et à faire revivre sa culture et son histoire traditionnelle pour pallier les effets pensionnats et les problèmes qui s'y rattachent. Un camp de guérison a été construit et un musée culturel a été ouvert. Les programmes des Premières nations encouragent des activités traditionnelles comme des camps de pêche pendant l'été et du camping hivernal. Les membres de la Première nation Selkirk collaborent activement avec les autres Premières nations du Yukon à la résurgence du jeu des bâtonnets, des danses et des chants traditionnels et des contes.

La Première nation Selkirk a ratifié ses ententes sur les revendications territoriales et sur l'autonomie gouvernementale à l'été 1997, lors d'une cérémonie qui a eu lieu à Minto. Ses ententes sont mises en œuvre. La Première nation participera à des projets de développement dans son territoire traditionnel et à la gestion de la pêche et de la faune. Dans l'entente définitive, le lac Ta'Tla Mun, le marais Llutsaw et le refuge faunique Ddhaw Ghro ont été identifiés comme zones spéciales de gestion et seront désignés à titre de zones d'habitat protégé. En outre, le site de Fort Selkirk appartient conjointement à la Première nation Selkirk et au gouvernement du Yukon qui en assureront ensemble la planification et la gestion. Le plan de gestion du site historique Fort Selkirk, qui est entré en vigueur en l'an 2000, oriente la gestion, l'interprétation et la préservation du site. La Première nation mène aussi le projet de loi traditionnelle Dooli.